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samedi 22 décembre 2012

Aube

© Pierre Vigna

00h01

Ca y est, on a passé le cap, franchi la limite, tout a disparu en un instant.
Tout! Non…
Un blog a résisté, surnageant à la déconfiture totale, et avec lui ses contributeurs opiniâtres. Il reste Grâce, Tévi, Benjamin, Le Major, Jos, Laurent, Mary, Brigitte, Damien, Bruno, Zap, Jacqueline et JiPhone bien sûr en capitaine du radeau…
Même Alain Poisson s'est accroché au navire, du bout des doigts, mais il tient bon!
Seul IYB a fait défaut, il est resté dans le sien de lit et a raté l'embarquement. Cela lui apprendra à rester couché en ces jours de tempête!
Qui aurait pu deviner que seul un blog résisterait au maelström géant qui emporta tout?
Voilà, il ne reste que ça, avec quelques crépitements sur les lignes, pour résister, pour avancer. Il ne reste que quelques mots, quelques pixels, des 0 et des 1. Des choses infimes qui nous ressemblent, qui nous rassemblent, et nous divisent aussi parfois. Un embryon de monde envahi de nature et déserté par l'humain.
Le paradis quoi!
Et peut-être l'espoir que quelque part, ailleurs, sur le réseau effrité, il reste d'autres blogs, va savoir.

 Pierre

samedi 15 décembre 2012

En toutes choses le plus difficile est de finir ...

Le texte que nous propose Pierre pour ouvrir cette thématique peut se prêter à de multiples interprétations.
Votre difficulté à faire une proposition sur ce thème peut en être une.
Que ce texte très riche soit une source d'inspiration pour les retardataires afin que finissions ce monde ensemble ... 

"En toutes choses le plus difficile est de finir.
Qu'il s'agisse du toit d'une maison ou d'une histoire d'amour, d'un long voyage en voiture ou d'un poème; il faut, pour arriver au bout, faire preuve d'abnégation, d'oubli de soi. Se défaire de chaînes invisibles qui tirent en arrière et font mal aux épaules. Car même en amour ce sont les épaules qui nous font le plus souffrir sur la fin.
Et je ne parle pas de la vie qui, dès qu'elle commence, nous arrache des cris de douleur, ou des soupirs c'est selon.
Tout cela gratte, crisse et gronde sous l'effort. Des forces telluriques entrent en jeu et font de nos insomnies des champs de bataille. La sueur ne naît pas de l'effort, on ne laboure pas, mais d'une oppression mentale apparue face au mur, la fin est un mur. Il faut le franchir pour écrire l'histoire, le dernier mot ou le bout de la route. Derrière ce mur il y a un inconnu immense mais tout ce qui est inconnu est grand, fantasme de nos cerveaux qui ont l'imaginaire grandiloquent.
Me voilà face à l'obstacle. Je le sens chaque jour un peu plus près, émergeant du brouillard, immense, vertical. Aucune prise pour s'y hisser, aucune porte pour le franchir, aucune fente pour y glisser son regard. Tout ce que j'en sais alors se révèle mensonge.
D'abord qui l'a construite cette barrière? D'autres hommes qui ont repoussé la limite à chaque vie un peu plus loin. Etait-elle là depuis le début? La même pour tout le monde.
Sommes nous dans un positif dont le négatif est de l'autre côté de cette frontière? L'idée est intéressante."

mardi 4 décembre 2012

Laborieux

© Pierre Vigna

Quand le travail et ses outils... se dégradent il ne reste qu'un peu de rouille.
Photo du remorqueur des chantiers Navals de La Seyne qui est posé sur un bord de plage depuis la fermeture des chantiers. Un peu comme les 3000 personnes qui y travaillaient.

jeudi 4 octobre 2012

Le mot de la fin.

En toutes choses il est difficile de terminer, de finir, d'achever.
Mettre un point final vous arrache des larmes.
Clore a des odeurs de décomposition.
Le silence qui suit la séparation est plus dense que celui qui règne dans la grotte Cosquer. Tout a une fin cependant.
Mais il y a aussi l'éternel recommencement, comme une mise en abîme, une répétition infinie. L'infini qui se répète.
Rien n'est fini, tout s'achève.
Qui n'a plus rien à dire se tait, dans un dernier souffle. Si celui-ci croise la bougie on peut espérer finir au noir comme au théâtre. Avant les saluts, inondés de lumière, où ivres du vacarme des applaudissements on ne sait pas comment se retirer.
Sur la pointe des pieds, évidemment, pour ne pas déranger.
Laisser la chaise vide, à la Giscard, méprisant ceux qui l'ignorent. Non, j'y ai mis un coussin, bien confortable.
Prendre soin de finir en beauté, comme un feu d'artifice. Le bouquet final.
Pschiiiiit....
Il y a aussi la fin de vie, le dernier battement de ce coeur besogneux qui cogna si longtemps. Fidèle moteur infatigable et pourtant fatigué.
Comme dans un film on se tourne vers le mur, on lève les yeux au ciel et ce « on » impersonnel devient un nom gravé dans la pierre qui lentement s'efface.
Cette fin annoncée dès le commencement nous surprend, nous effraie. On aime la surprise, pas d'annonce en ce cas.
Neuf mois pour arriver, un instant pour finir.
Et tout ce que l'on construit s'effacera aussi. Tout finit dans une digestion générale, une fusion solaire, un vide intersidéral. Il n'y a rien après pas grand-chose. A part, peut-être, un recommencement, éternel.
Mais même les vagues, qui battent le rivage incessamment, sont toutes différentes.
Regardez bien.
Sans fin.

Pierre V.